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Alan/Alain G.

Alan G.

by Paule V.

 

 

Alain/ Alan G.
Homme
Né en 1948, dans un village entre Bourgogne et Franche-Comté.
A résidé avec ses parents à Paris, durant enfance et adolescence
Installation professionnelle – avocat- et familiale à Vannes.
Spécialiste droit pénal, élu Bâtonnier national (ER)

 

Antécédents
Alan raconte une jeunesse heureuse.
J’ai eu une enfance heureuse. Mes parents formaient un couple uni, mon père était ingénieur et ma mère s’occupait du foyer qui comportait 4 enfants. Notre appartement à Paris, dans le centre, près de la gare Montparnasse était au 5e étage et le confort était celui de l’époque, c'est-à-dire limité : pas d’ascenseur, pas de salle de bains, pas de chauffage si ce n’est par un poêle à charbon qu’il fallait alimenter, chaque jour, de 2 seaux d’anthracite que l’on remontait de la cave et dont il fallait ensuite redescendre et vider les cendres ; pour les douches il fallait aller chaque semaine aux « Bains-Douches publics ». On ne se plaignait pas. L’affection que nous témoignait nos parents était emprunte de pudeur et de silence (qui serait considérée aujourd’hui comme de la froideur). Nos parents -figures tutélaires-  nous « éduquaient », dans un bain sans contraintes mais dont ils donnaient le ton. J’allais à pied à l’école, nous avions peu d’activités extérieures.


Relation aux grands-parents.

Nous avions beaucoup de respect pour nos grands-parents. Nous étions très proches des parents de notre mère qui vivaient non loin de chez nous et que nous avions la chance de voir beaucoup et chez qui nous allions déjeuner tous les dimanches. La distance entre Paris et la Bretagne faisait que nous avions moins d’intimité avec les parents de notre père.

 

Les activités

Sports et arts, étaient assez rudimentaires. Il fallait attendre les vacances et le séjour, en province, pour nous chez les grands-parents paternels, pour courir dans les champs, ce qui représentait notre pratique sportive.

 

J’étais étudiant à L’Université Catholique ( la Catho) quand mai 68 a éclaté et, avec tout ce qui a été “balayé » ensuite… la Catho a disparu… j’ai alors dû demandé mon admission à la Faculté de droit d’Assas… puis Panthéon Sorbonne.
Avec le vent de liberté qui soufflait à cette époque et une terrible envie de voir la vraie vie : les gens, la musique, les filles… envie d’être   « libre comme l’oiseau sur la Branche », je suis parti, en auto-stop, à la découverte du monde, comme des milliers de jeunes, (considérés comme des privilégiés). A l’inverse de mon père qui avait connu à cet âge, en Allemagne le STO Service du Travail Obligatoire.
Et, alors même que mes parents, qui avaient dû alors signer mon autorisation de sortie du territoire, comme cela était nécessaire à l’époque, me croyaient en Italie, j’étais en route vers Istanbul (il n’y avait pas de téléphone portable!) Cette année et les suivantes, j’ai vécu la vie dont je rêvais, assouvissant ma passion pour la musique, circulant dans toute l’Europe, «  en ébullition » et notamment, malgré la guerre froide, dans les pays de l’est, pour lesquels il fallait répondre d’être en possession d’une certaine somme d’argent. J’étais à Prague et l’ai d’ailleurs dû quitter en hâte, juste avant que les chars Russes n’y entrent.

Entrée dans vie adulte/ professionnelle
J’ai prêté serment d’avocat à Paris et fait mes débuts dans un cabinet d’avocats parisiens mais n’ai pas souhaité y passé ma vie.
J’ai opté pour Vannes (puisque Breton par mon père) et ne l’ai jamais regretté. Spécialisé en droit pénal, j’étais l’avocat de toutes les causes sans exception, (commis d’office pour les personnes en prison) ce qui a pu, parfois, amener à des problèmes financiers.
Spécialisé en droit pénal, en fin de carrière, j’ai été élu bâtonnier, en 2000, au plan local, exercice qui s’est avéré sportif, du fait qu’en 2000 le droit changeait : dès lors, la présence d’un avocat était requise dès la garde à vue ; si celui-ci n’était pas disponible, le bâtonnier devait « s’auto-commettre », c’est-à-dire le remplacer. Ensuite, je l’ai été à la Conférence Nationale des Bâtonniers. Expérience extraordinaire, de représentant des avocats de France et d’ouverture d’esprit, vie grisante qui m’a amené, parfois sous protection policière, d’Afrique (Tunisie, au moment de la révolution, Togo, Congo, Rwanda, où les liens, avec la juridiction Française sont importants et exprimés dans la demande de formation des jeunes) aux USA : New-York.
Marié, nous avons eu 3 enfants, et beaucoup d’années de bonheur. Sur le tard, ma femme et moi nous sommes séparés à l’amiable et vivons actuellement, seulement à quelques kilomètres l’un de l’autre. Avec nos enfants les liens sont importants (une fille vit en Allemagne, un fils et une fille vivent en Bretagne) comme ils le sont avec les 6, bientôt 7 petits enfants.

 

A la retraite
Chance de vivre en France, et de pouvoir recevoir un salaire mensuel honorable sans travailler. J’ai alors commencé le début d’autre chose, avec 2 expériences qui ont marqué ma retraite :
A la demande de « Avocats sans frontière » je suis parti   en  mission humanitaire sur l’Ile de Lesbos en Grèce. J’y ai vu plus de malheurs, de chagrins, de douleurs, en 3 semaines, que dans toute ma vie. Nous étions 3 avocats en charge de faire les demandes d’asile, indiquant les choses à dire et surtout ne pas dire, pour 5.000 personnes vivant dans des conditions insalubres et qui avaient perdu pour la plupart leurs papiers. Ces 3 semaines, éreintantes mais enthousiasmantes, ont consisté à vider la mer avec une petite cuillère mais, on avait quand même une petite cuillère !
Rat de bibliothèque qui n’aime pas la marche, j’ai entrepris, chose que je croyais impossible, de faire « le chemin de Saint Jacques de Compostelle ». Après une première tentative inachevée : mal préparée (départ du Puy-en-Velay le 1er avril, neige en Aubrac,  tendinites, etc.) stoppée aux Urgences à Burgos.

 

Puis, Il y a eu l’accomplissement de ce chemin, en 2 mois et 10 jours, chemin où circule une population nombreuse et  bigarrée : « il y a de tout, « pèlerins » croyants : chrétiens, musulmans, comme non-croyants, âgés de 2 mois à 93 ans. Chemin qui vous donne une maladie virale : le refaire. Ça ne lâche pas =  rechute toujours possible que vous pouvez communiquer à votre entourage, ainsi à mon petit-fils ».

 

Aujourd’hui
Je continue à cultiver mon goût «  excessif » pour la musique ; j’ai d’ailleurs acheté beaucoup d’instruments de musique dont je ne joue pourtant que de quelques-uns, tels que la guitare folk, le banjo… Et j’espère continuer à assouvir mon goût du voyage.
J’ai essayé dans ce sens de faire passer un certain nombre de choses à mes enfants et petits-enfants : Ainsi, avec mon fils nous avons chanté à Noël un Oratorio de Bach. Cette proximité musicale a été un moment de partage extraordinaire et de plénitude.
Ma fille m’a récemment demandé de rechanter pour son enfant, comme je le faisais dans le passé pour elle : l’histoire se souvenait-elle des filles dans le feu qui brûlent… en fait, il s’agissait d’une chanson de soldats parlant des dragons (évoquant  peut-être alors pour elle le feu) ; la voici : Nous étions 3 camarades…


C’est cela la transmission à léguer aux en-fants et petits-enfants : chant, broderie, mar-che sur un chemin où donner de sa force physique, culture vivante, pas de « cartoons ». Raconter des vraies histoires, chanter des chansons traditionnelles, par exemple :

«Sur le pont de Nantes » : [même si la jeune fille désobéissante trouve sa punition dans le pont qui s’effondre et en meurt. Toutes conséquences affreuses qui peuvent faire partie de la vie mais que l’on veut éliminer maintenant de la présentation aux enfants qui pourraient en être traumatisés !]
Alain G. continue à donner des conférences, sur toute la Bretagne et à participer à la vie politique, à l’occasion d’une liste pour les élections.

 

En conclusion: avant, les Personnes Agées représentaient la sagesse et l’expérience, maintenant les enfants pianotent sur google pour obtenir des informations, pour le reste ils ont à voir vivre les aînés : la transmission passe essentiellement par l’exemple.